Bonjour amis cyclos qui me lisez
Comment être court après ce qui sera ma dernière cyclosportive de l'année 2012. Surtout que la météo n'étant pas au beau fixe et mon poids plus trop optimum, j'avais décidé de ne pas me charger de l'appareil photo...
Lors de l'entraînement de dimanche dernier, au cours duquel j'avais repéré pratiquement les 40 derniers kilomètres, plus pour les descentes que pour les côtes (!), j'avais eu un peu mal aux jambes et ça ne m'avait pas trop mis en confiance pour mon objectif qui était une 16ème place dans ma catégorie pour marquer 7 points me permettant de remonter éventuellement dans les 10 premiers du Trophée Passion dans la catégorie D (50-59 ans). J'avais donc décidé de rouler ce mercredi et là aussi ce fut difficile de trouver le rythme, bien que les 40 derniers kilomètres sur les 106 aient été rassurants, surtout que ce ne furent pratiquement que des côtes et des descentes. Et le vent du nord n'avait pas arrangé les choses, moi qui aime bien la chaleur. Aussi ce jour j'étais dubitatif quant à une performance.
Curieusement je me suis réveillé vers 4 heures du matin, soit 4h30 avant le départ. Et je me suis enfilé un plat de raviolis au boeuf avec des pâtes, un yaourt, une banane et bien sûr un petit déjeuner traditionnel en complément. Aussi quand j'ai vérifié mon poids sur la balance je me suis dit :"un peu lourd, mais des réserves, donc a priori pas d'arrêt ravito en cours de route".
J'ai pris l'autoroute d'Issoire, puis la route d'Ardes, en profitant pour repérer les 7 derniers kilomètres que je n'avais pas fait dimanche dernier. Grosse averse entre Clermont-Ferrand et Issoire, puis à partir d'Issoire il n'y eut plus de pluie. Douceur et ciel dégagé à Ardes : rassurant tout ça. Je fus donc le premier à m'inscrire ce dimanche matin et on me remit le numéro 60, les 59 autres s'étant inscrits à l'avance. Le moral remonte : pas beaucoup de monde, donc les points sont possibles... En fait nous serons 82 sur le 140 km.
Vers 7h30 je m'élance pour quelques kilomètres d'échauffement; au bout d'un kilomètre je suis bien : je monte facile, j'accélère bien. Je parcours environ une dizaine de kilomètres et décide de partir bras nu avec un sous-maillot et le maillot du Club, bien sûr. Un petit café (très bon et pas trop chaud, impeccable pour moi). Je croise Tony qui croyait que je ne viendrais pas, n'étant pas inscrit à l'avance. Je croise des cyclos vus au cours des différentes épreuves de l'année, dont Jean-Luc, leader des plus de 65 ans et qui terminera 1er de sa catégorie ce jour. Mais aussi le numéro 1 de la Sanfloraine qui portera le dossard 11 aujourd'hui ! 8h30 environ : la course démarre au ralenti pour moi, à cause de l'embouteillage du départ, tous les concurrents partant ensemble : ceux du 71 km et ceux du 140 km. Certaines épreuves diffèrent et font partir le grand avant le parcours inférieur. Ou ceux du grand devant, avec un moyen de différencier les concurrents. Des idées à retenir. Je suis bien dans la première "courte montée", et malgré une cassure, je décide de prendre un relais à bloc pour essayer de revenir sur la tête. Je me relève avant la fin d'une légère bosse et nous revenons dans la descente.
A Lanau, nouvelle cassure et je vois le groupe de tête s'éloigner. Je me mets dans une roue, puis un gars qui semble costaud tire un peu le groupe. Je décide de prendre un relais sur le plat pour revenir sur un petit groupe (mon cerveau doit avoir confiance, surtout que le vent est défavorable). Je me relève et laisse notre groupe revenir lentement, mais sûrement, sur le peloton de tête que nous rejoignons avant Blesle, au pied de la côte. J'en profite bien sûr pour boire un peu. Dans Blesle, rétrécissement brutal et je suis presque à l'arrêt. Zut je vais louper un groupe de mon niveau... Puis ça se décante et je me mets en danseuse pour remonter au plus vite. Quelques accélérations, puis je rejoins un gars de Cholet qui revient sur un petit groupe de l'USPI. Je me mets dans sa roue afin de récupérer, car j'ai déjà fait des efforts dispersés dans les 30 premiers kilomètres. Je suce un peu de la roue, encore sèche, mais ça ne va pas durer.
Le vent est de trois quart face et je décide de participer à l'effort du groupe en prenant quelques relais. Puis quelques kilomètres avant Anzat-le-Luguet, la route est humide et le ciel couvert. Quelques gouttes de pluie. Le coeur bat fort, mais sans le cardio je ne m'en rendrais même pas compte; alors je décide de l'ignorer. Bientôt le brouillard... et l'essuie-glace manuel de l'index gauche : technique mise au point pour les Copains. Je passe le col de Vestizoux (1317m), point culminant du jour, en apercevant à peine le panneau. Ca promet pour les descentes, où Issoire mène le bal. En dernière position du petit groupe dans la descente vers Le Fayet, je m'aperçois qu'un gars a laissé filer l'avant. Avec celui qui est devant moi nous essayons de revenir. Le principal pour moi, c'est d'avoir un vélo quelques mètres devant moi, car à part quelques vaches, c'est à peu près tout ce que je peux voir. Et si j'enlève mes lunettes, je ne verrai que le Z et le U; et comme il n'y en a pas sur la route, on pourrait imaginer le pire : par exemple une clôture électrique (tiens, justement il y en a une !). Et nous croisons un poids lourd qui monte et nous laisse à peine la place de passer.
C'est alors qu'un virage délicat à droite nous remet dans le sens d'une montée pentue. Je remonte le groupe, mais 2 gars sont partis devant. Je me cale dans la roue de deux gars de l'USPI et me mets involontairement à changer de pignon. Je décide de descendre sur un pignon plus petit, qui tient, ce qui m'oblige à revenir sur la tête. Après Montgreleix, nous filons vers la Godivelle et ses beaux lacs, que nous ne verrons pas. Petite alerte sur la cuisse droite (braquet trop fort je pense), alors je décide de sucer, ou plutôt boire de la roue jusqu'à Compains. L'USPI s'arrête au ravito à la Godivelle, mais je préfère continuer avec le gars de Cholet et un autre. Un quatrième nous rejoint et nous roulons à un rythme assez soutenu jusqu'à Compains. J'en profite pour entâmer ma deuxième barre (énergétique disent-ils) et boire. Une bonne descente encore et nous tournons à droite en direction de La Mayrand. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous conseille de vous y rendre, surtout dans un passage pentu, mouillé et recouvert de bouses de vaches. Quand on monte en danseuse comme moi, ça se transforme un peu en patinage... Le gars de Cholet a tendance à partir plus fort que moi en bas des côtes, ainsi qu'un gars de Mauriac, costaud. Mais je reviens régulièrement au sommet ou dans la descente pour le gars de Mauriac, très prudent. Aux éoliennes, le gars de Mauriac s'arrête au ravito et je suis une centaine de mètres derrière le gars de Cholet. Le soleil est de retour et restera avec nous jusqu'à l'arrivée. Un gars me rejoint et je prends sa roue, puis Jacques de l'USPI fond sur nous et encore un autre gars. Après Dauzat-sur-Vodable nous nous retrouvons à 5. Et avant le début de la côte de Saint-Hérent nous sommes rejoints par quelques autres. Ca monte raide, mais je suis "facile". Alors je passe et me retrouve avec le gars de Mauriac dans le virage de Saint-Hérent. J'hésite à suivre et je préfère partager la montée avec le groupe : on ne sait jamais, il reste une trentaine de bornes et dimanche j'ai trouvé la côte raide.
Le gars de Cholet roule devant et Jacques de l'USPI dans ma roue. Il semble y avoir du vent et le gars de Cholet me "laisse" prendre un relais. Le vent souffle, mais ça va bien. Je prends mon rythme, tout en danseuse. Il y a quelques inclinaisons dans la pente. J'hésite à continuer, mais en me retournant je vois que j'ai creusé un trou assez conséquent. Je m'assois, pour une fois, mais du coup le trou se creuse. Je bois et attaque la barre de pâte d'amande. Je me remets en danseuse et je vois le gars de Mauriac au loin : effort pour revenir, attente des deux poursuivants ou rythme conservé. Comme je joue une place aujourd'hui, je réfléchis : si je fais un effort, je risque de le payer et de me faire passer par des concurrents directs; si j'attends, je perds peut-être une ou deux place, ne connaissant pas la catégorie de mes adversaires; si je continue seul, je vais peut-être m'user, alors que derrière ils se relaient à deux. Bref, à trop réfléchir je vais brûler de la calorie aussi, alors je continue seul et je prends le temps de me ravitailler dans la descente pour repartir sur la fin. Je m'assois pour les 500 derniers mètres de la côte, et comme prévu je sors la pâte d'amande. Zut, pas facile de déchirer le papier et il y a quelques virages. C'est bon et quelques gorgées. Je vois Jacques qui revient et nous nous retrouvons à trois. Mais les deux ne passent pas et c'est moi qui fais la descente. Le gars de Cholet possède une centaine de mètres de retard quand nous tournons à gauche vers Le Fromental.
Jacques mange un peu et je le laisse mener au début de la côte. Comme je sais qu'il descend bien mieux que moi et que la descente vers Madriat est très technique, je pousse une accélération dans les 500 derniers mètres. L'écart se creuse, le sommet est là et je suis parfaitement bien. Cependant Jacques me passera au milieu de la descente et je le suivrai à distance. Avant Madriat j'essaie de recoller sans me mettre dans le rouge, car ça monte à la fin et je me sens capable de rejoindre et gagner au sprint. Jacques tourne vers Ardes et il se retourne. Je suis à 32 km/h au compteur, mais je reviens trop lentement. Il m'attend un peu et je prends le relais sur mon élan. Puis Jacques prend un nouveau relais. Au niveau de l'éboulement une voiture nous double et je vois deux véhicules venir en face. Je décide de redoubler la voiture qui s'est arrêtée, car un vélo peu croiser les véhicules qui descendent. Au début de la côte Jacques me dit qu'on a creusé le trou sur le gars de Cholet et qu'il va se relever. Je continue en danseuse et Jacques me laisse partir au train. Je relance fort dans chaque virage et le trou se creuse; je passe même le grand plateau à un kilomètre de l'arrivée et je termine à bloc dans Ardes en passant la ligne en côte à 25 km/h. Je jette un oeil à mon compteur : moins de 5h17mn; pas suffisant pour l'Or. Pas grave, ce qui m'intéresse c'est le classement.
Je bois un coup à l'arrivée et grignotte du pain d'épice. Je discute avec un gars de l'ECCF qui est arrivé quelques minutes avant moi. Le gars de Cholet se restaure aussi. Je pose le vélo à la voiture, je prends le ticket repas et vais me restaurer vraiment. Je discute avec un cycliste qui est 3ème de sa catégorie (E). Puis le gars de Cholet vient à table avec son épouse. Ils sont venus faire l'Antonin Magne et ils ont eu un sale temps aussi : pas de bol. Il me dit avoir été impressionné par le fait que je monte pratiquement toutes les côtes en danseuse.
Je vais prendre mon café, mais auparavant je jette un oeil aux résultats qui sont affichés : j'ai mis 5h17mn40s, soit 26,44 km/h pour les 140 km et 2800m de dénivelé. Bizarre, c'est différent à mon compteur et je ne me suis jamais arrêté, même pas pour un besoin naturel. Je n'ai même bu que la moitié de chacun de mes deux bidons... Je regarde le classement dans ma catégorie : 10ème, donc objectif largement atteint. C'est quoi ce 27 devant mon dossard 60 : mon jour de naissance devant mon année de naissance ? Mais c'est le classement du jour, toutes catégories confondues, 27ème à moins d'une heure du premier. Je dois cependant remercier Romain Bardet (oui, le PRO), qui a abandonné à 500 m de la ligne pour ne pas influer sur le classement : SYMPA, ce geste.
Je croise bien entendu Raymond, le vainqueur de Trophée Passion en catégorie "handicapés" : félicitations !!! A la remise des prix, je vois au loin Robert Alban; que j'admirais beaucoup quand il grimpait. Il a fait le 71km. Bientôt vous trouverez ici quelques photos, prises avant le départ et après l'arrivée...
J'ai essayé d'estimer mon classement à Trophée Passion après mon résultat du jour. A priori, je saute de la 13ème place à la 7ème place, en catégorie D. A noter que cette catégorie s'est déplacée en force aujourd'hui (24 arrivants) et 13 parmi les 31 premiers. Je suis donc très satisfait de ma première année en Cyclosportives, avec 5 brevets d'Or, 2 d'argent (les deux jours pluvieux, et à quelques minutes de l'Or) et 1 de bronze.
Un grand MERCI aussi aux organisateurs (USPI, Maréchaussée, bénévoles,...) pour la qualité de cette épreuve, malgré la bruine des sommets. Beaucoup de ravitos (bien que séchés, sauf celui d'arrivée). En plus j'ai roulé avec quelques USPIens, ce qui m'a motivé et permis de bien terminer l'épreuve (hard pour certains, car peu de plat, sauf la truffade à l'arrivée).
Excusez-moi d'avoir été si "bref", mais vous n'étiez pas obligé de me lire, n'est-il pas ?
Et maintenant, il va falloir nettoyer le vélo, et surtout le maillot !!! A bientôt sur le blog.
NB : participation à la Vicomtoise le lendemain en y allant à vélo de Clermont. 111 km, dont la boucle avec l'ASPTT Clermont. Vent du sud assez fort... Bonnes jambes.
Le classement de Trophée Passion Catégorie D est confirmé : je suis 7ème. Et ce jour j'ai terminé devant le 2ème, le 4ème et le 6ème du général, et à deux places du 3ème; le 1er et le 5ème ne s'étant pas déplacés.
Merci Bruno et Françoise pour vos commentaires et merci du conseil sur les barres, Françoise. Mais pour le gerblé, c'est la fin qui ne voulait pas sortir du papier; surtout que je ne voulais pas jeter le papier sur la route (voir photo souvenir du ravitaillement personnel).
André.